Dossier: Déconstruction d’une supercherie : le 11 Septembre, les médias et le mythe de l’information

Publié: 4 septembre 2009 dans 11/09, Média

media_monkeysPrésenté par Le Grand Soir en collaboration avec ReOpen911
La déconstruction d’une supercherie : le 11-Septembre, les médias et
le mythe de l’information (Project Censored)

http://www.legrandsoir.info/La-deconstruction-d-une-supercherie-le-11…

On dit que les poissons rouges n’ont pas de mémoire
Je suppose que leurs vies ressemblent à la mienne
Et le petit château en plastique
est une surprise à chaque fois
Pas facile de dire s’ils sont heureux
Mais ils n’ont pas l’air de s’en faire.
Ani Di Franco – « Little Plastic Castles »
Au cours des huit dernières années, on a assisté à une explosion de
mythes médiatiques dans la culture américaine. Les grands médias
commerciaux, les pontes qu’ils financent, et les politiciens des deux
grands partis chantent tous le même refrain : « Depuis le 11 septembre
2001, tout a changé. » Des chaines câblées aux stations de radio en
passant par les blogs et jusqu’aux réunions publiques, les Américains
entendent sans cesse dire que « nous vivons dans un monde post-11-
Septembre ».

Bien qu’il y ait une part de vérité dans cette platitude énoncée sur
un moment historique capital, les citoyens qui réfléchissent
pourraient aussi se demander si de tels messages véhiculés par les
mass media ne sont pas des autosuggestions qui finissent par
s’imposer. Ceci constitue un point de départ intéressant pour débattre
de ce qui a ou n’a pas changé depuis le 11-Septembre.

Cet essai aborde le phénomène actuel de la fabrication des mythes par
les médias et la manière dont, comme de nombreux Américains l’avaient
senti au lendemain du 11-Septembre, certaines choses n’ont pas changé.
(1) Les médias institutionnels grand public ont ressuscité de
puissants mythes du passé pour modeler la perception que se fait
l’opinion publique du présent. À travers le prisme du 11-Septembre, on
peut constater comment les grands médias consacrent en réalité plus de
temps à fabriquer des mythes qu’à informer. Les auteurs examineront
les principaux mythes que les grands médias et même une bonne partie
des médias alternatifs ont développés depuis le 11-Septembre. Nous
nous proposons d’examiner comment la fabrication de mythes autour du
11-Septembre, par l’exploitation émotionnelle de ces événements, a
empêché un examen dépassionné des causes ou des responsabilités.

Ne raconter que la version officielle : un acte de censure

Ni les grands médias ni les médias indépendants n’ont abordé les
événements du 11-Septembre avec un esprit ouvert. À quelques très
rares exceptions, les grands médias et les médias alternatifs
indépendants ont balayé certaines questions essentielles sur le 11-
Septembre en les qualifiant de « conspirationnistes » ou «
antipatriotiques » [ou en France, « antiaméricaines », NdT]. Même la
presse de gauche, dont The Nation, In These Times, Mother Jones et The
Progressive, entre autres, a constamment fait preuve de résistance,
voire d’hostilité, envers une enquête complète et indépendante sur les
attentats. Peut-être certains progressistes empêcheurs de tourner en
rond ont-ils oublié les paroles d’une de leurs propres icônes, Emma
Goldman, féministe et anarchiste américaine, qui avait noté avec
pertinence que : « Le péché le plus impardonnable dans toute société
est la liberté de pensée ». À l’instar de leurs pairs des grands
médias, les journalistes de la presse indépendante ont souvent mis
l’accent sur des personnalités excentriques ou des déclarations
extrêmes au lieu de se concentrer sur les éléments troublants soulevés
par les sceptiques. De telles pratiques institutionnalisent les actes
d’autocensure qui s’appuient sur la mythologie historique américaine,
phénomène que nous analyserons plus loin dans cet article. (2)

La mythologie traditionnelle américaine fut invoquée pour exalter la
version officielle du 11-Septembre, qui est devenue la seule et unique
version. Tony Judt, historien à l’Université de New York, a récemment
regretté que le discours moderne tournait pratiquement uniquement
autour « de versions officielles telles qu’elles sont officiellement
formulées et perçues ». (3) Rien n’est plus vrai dans le cas du 11-
Septembre. Les grands médias et même la presse progressiste ont
constamment adopté la version officielle soutenue par le gouvernement
et formalisée dans le Rapport de la Commission sur le 11-Septembre.
Selon cette version officielle, 19 islamistes radicaux ont conspiré et
percé les défenses du pays le mieux protégé du monde. Parce que les
services de renseignement ont ignoré les nombreuses mises en garde,
ces terroristes ont réussi à prendre le système de défense des États-
Unis par surprise, détourner 4 avions, et en faire écraser 3 sur des
cibles qui symbolisent la puissance économique et militaire des États-
Unis. (4)

Mais est-ce la véritable histoire, et est-ce là toute l’histoire ?
Existe-t-il d’autres versions qui cadrent mieux avec les faits ? Y a-t-
il des détails importants qui sont ignorés ? Autant de questions que
les grands médias n’ont pas posées et n’ont pas encouragé le public à
se poser non plus. La résistance des grands médias, commerciaux et
indépendants, a efficacement empêché de véritables reportages, de
vrais débats et une analyse en profondeur sur le 11-Septembre. Cette
étrange absence a fait du 11-Septembre un sujet qui revient souvent
dans les publications de Project Censored. (5)

En fait, certains hauts responsables s’en sont même pris à ceux qui
mettaient en doute la version officielle du 11-Septembre, comme s’ils
étaient des hérétiques, et ils persistent à employer des arguments aux
accents religieux pour défendre la mythologie américaine et la version
officielle du 11-Septembre. Tucker Carlson, de la chaîne MSNBC, a
illustré cette tendance lors d’une interview du Dr David Ray Griffin,
philosophe des religions et spécialiste du 11/9. Lors de l’émission,
Carlson a critiqué le professeur pour avoir mis en doute la version
officielle du 11/9. Dès que Griffin a affirmé qu’il rejetait la
version du gouvernement sur le 11/9, Carlson l’a interrompu et a
lancé : « … C’est mal, c’est blasphématoire, c’est un pêché que de
suggérer, de laisser entendre ou d’encourager des gens à croire que le
gouvernement américain aurait tué 3 000 de ses concitoyens, parce que
c’est faux. » (6) Dans cet exemple, comme souvent, l’interviewer a tué
dans l’œuf l’idée même d’un débat autour des idées alternatives sur le
11/9, cadrant ainsi la suite de l’interview et renforçant les mythes
de la version officielle.

Nous sommes ici en présence d’une question cruciale : la fabrication
de mythes par les médias décourage le pluralisme des points de vue sur
la réalité, et induit par conséquent une forme de censure.

Une culture profondément enracinée dans ses mythes

« Les mythes auxquels on croit ont tendance à devenir des vérités »
George Orwell
Avant même de devenir un pays, l’Amérique s’est toujours appuyée sur
la mythologie culturelle pour se donner du sens et un but. Ceci est
évident dans la croyance exprimée par plusieurs des premiers
dirigeants de l’époque coloniale selon lesquels l’Amérique et le
Nouveau Monde étaient « des terres vierges », des terres libres de
toutes les souillures de l’Histoire qu’ils avaient abandonnée derrière
eux en Europe. Le dirigeant puritain John Winthrop avait déclaré que
l’Amérique « sera comme une cité sur la colline », vue et vénérée
comme la nouvelle Terre Promise. (7)

Au fur et à mesure que leurs besoins changeaient, les Américains se
sont racontés de nouvelles histoires. Pour créer une nouvelle
république, les Américains devaient créer de nouvelles croyances
impulsées par un sentiment de destin national. Au XIXe siècle, cet
amas d’idéaux finit par s’imposer dans les esprits de la plupart des
Américains sous couvert du « destin manifeste ». Ce terme, lancé par
John O’Sullivan, un journaliste et mythologue du XIXe siècle, se
basait sur l’idée que l’Amérique était à la fois exceptionnelle et
triomphante dans toutes ses entreprises ; que l’Amérique, par une
inspiration divine, était destinée à devenir le phare du monde de la
démocratie, et que la nouvelle république n’emploierait les armes que
pour défendre ses intérêts nationaux. (8)

Puisque les intellectuels, les politiciens, les journalistes, les
responsables et autres personnalités médiatiques ont depuis longtemps
assimilé ces mythes, ils sont partie prenante de la grande narration
de l’histoire américaine. Cependant, il existe d’autres versions plus
proches de la réalité historique qui contredisent souvent la ligne
officielle.

Au lendemain du 11-Septembre : une frénésie de mythes médiatiques

Dans toute période de traumatisme psychologique, les sociétés tendent
à se raccrocher à leurs mythes. Après le 11/9, de nombreux Américains
désorientés se sont retournés vers leur mythologie traditionnelle pour
retrouver du sens et un but collectif ; personne ne voulait être perçu
comme antipatriotique. Toujours attentifs à l’état d’esprit de
l’opinion publique et aux tendances, les politiciens ont eu recours
aux termes familiers des mythes traditionnels pour expliquer les
événements qui ont suivi. En retour, les médias, en accord avec de
puissants pouvoirs politiques, ont ressuscité les mythes du destin
national et de la loyauté, de l’exceptionnalisme moral, du triomphe
sur l’adversité, pour expliquer les événements récents.

En tête du mouvement dans les médias, Dan Rather, le présentateur star
de CBS déclara : « Je vais faire mon travail de journaliste, mais en
même temps je vais leur accorder [à l’administration Bush] le bénéfice
du doute, à chaque fois que ce sera possible dans une telle situation
de crise, d’urgence. Pas parce que je crains une réaction du public,
mais parce que je veux être un Américain patriote et fier de l’être.
» (9) Plus tard, Rather regretta ses propos, mais à l’époque ils
renforcèrent le pouvoir du nationalisme aveugle en temps de crise.
Dans les grands médiaux commerciaux, la plupart ont abandonné leur
rôle de critiques et se sont transformés en simples larbins du pouvoir.

Le Président George W. Bush a poursuivi dans la voie de la mythologie
nationaliste après les attentats du 11/9 en affirmant que le monde
avait changé et était désormais divisé en deux, entre le Bien et le
Mal. Les peuples et les nations à travers le monde devaient choisir
leur camp. Dans cette conception manichéenne, les « ennemis » ne se
trouvaient plus uniquement à l’étranger, ou « là-bas » comme au cours
des deux dernières guerres mondiales, mais désormais « ici » aussi, et
peut-être même des Américains en faisaient-ils partie.

Peu après le 11/9, Bill Maher, animateur de l’émission « Politically
Incorrect » sur la chaîne ABC, réagit à une déclaration du Président
Bush selon laquelle les terroristes du 11/9 étaient des lâches. Maher
répliqua sèchement : « C’est nous qui avons été des lâches. En
balançant des missiles de croisière à des milliers de kilomètres. Ca,
c’est de la lâcheté. Rester dans l’avion lorsqu’il frappe l’immeuble.
Vous pouvez en penser ce que vous voulez, mais c’est tout sauf de la
lâcheté. » (10) Peu après, Maher a été viré de son émission sur ABC.
En réponse à Maher, le porte-parole de la Maison Blanche, Ari
Fleischer, avertit que dans un monde post-11/9, les Américains
devaient « faire attention à ce qu’ils racontaient ». (11)

Un tel néo-McCarthysme montrait le risque encouru par ceux qui
prenaient leurs distances avec le discours nationaliste. (12) D’une
manière ironique, ce sont les journalistes qui auraient dû mener les
débats après le 11/9, tout en veillant au respect du pluralisme. Mais,
à l’instar de Dan Rather, beaucoup sont devenus de simples
sténographes du pouvoir en place, marginalisant et même diabolisant
toute analyse « hérétique » importante.

Ressusciter les mythes traditionnels américains

Quelques jours après le 11/9, Bush a ressuscité le mythe de la
conquête de l’Ouest pour imposer la guerre contre le terrorisme. Il a
fait appel à de faux dilemmes tels que « Vous êtes avec nous ou vous
êtes contre nous », et « Il s’agit d’une bataille entre le Bien et le
Mal » ainsi qu’à des notions de justice dispensées par des chasseurs
de primes avec des phrases telles que « Recherché mort ou vif » pour
expliquer sa politique de sécurité nationale. Rares sont ceux dans les
médias qui ont dénoncé l’attitude simpliste, emplie de pathos et même
de machisme du président.

Les références de Bush au Far West ont permis au gouvernement de
remplacer les méchants Indiens de l’Amérique, les hors-la-loi et
autres stéréotypes d’ennemis dont ben Laden lui-même, par al-Qaïda.
Mais, non seulement ben Laden n’avait aucun lien avec l’Irak, selon le
FBI, il n’était même pas accusé des crimes du 11/9 par manque de
preuves. Néanmoins, une récompense de 25 millions de dollars a été
offerte pour sa capture en relation avec les attentats du 11/9,
récompense offerte par le « Programme de récompenses pour la Justice
», un organisme sans prérogative d’enquête et administré par le
Département d’État. Ce qui contredit la position du FBI. (13)

De plus, ce mythe de la justice du Far West a préparé le terrain aux
justifications des guerres préventives, de la torture, et à considérer
la Convention de Genève comme « désuète ». (14) Une fois encore, les
grands médias n’ont pas remis en cause cette politique, mais au
contraire l’ont présentée comme indispensable dans un monde post 11/9.
(15) L’Amérique s’est ensuite lancée tête baissée dans une guerre
abstraite contre le terrorisme tout en observant du coin de l’œil un
Western mélodramatique.

http://www.fbi.gov/wanted/topten/fugitives/laden.htm
Censure, désinformation et déni grâce à l’amnésie historique collective

Un autre facteur qui a empêché toute discussion sur le 11/9 est le
refus qu’un gouvernement supposément élu de manière démocratique
aurait pu jouer un rôle dans les attentats. Ce déni refuse toute
analyse des attaques au-delà de la théorie du complot officielle qui
explique le succès de 19 djihadistes d’al-Qaïda par l’ignorance ou
l’incompétence du gouvernement. La théorie du « retour de bâton », qui
explique ces événements par les ressentiments provoqués par des
décennies d’une politique étrangère américaine inepte, demeure un
point très sensible – comme l’a démontré le récent scandale médiatique
au sujet de la remarque « l’Amérique a du sang sur les mains »
attribuée à James Wright, l’ancien pasteur du candidat démocrate à la
Maison Blanche Barack Obama, lors d’une interview avec Bill Mayers sur
(la chaîne de télévision publique) PBS. (16)

D’autres interprétations du 11/9 ont rarement pu être exprimées
librement dans la presse américaine. Toutes ces hypothèses
alternatives suggèrent d’éventuelles complicités au sein même du
gouvernement américain : pour pouvoir déclencher une guerre, il
fallait laisser les attaques se produire (thèse du laisser-faire), ou
même les provoquer (thèse du déclenchement délibéré). Une meilleure
connaissance de l’histoire américaine (8) aurait pu aider les
journalistes et l’opinion publique à envisager ces éventualités dans
un contexte plus large. En examinant l’histoire, on peut voir les
attentats du 11/9 comme une provocation de plus parmi tant d’autres.
(17)

Des précédents historiques pour des interprétations alternatives non
officielles

« Celui qui contrôle le passé contrôle le futur.
Celui qui contrôle le présent contrôle le passé. »
George Orwell
Les précédents historiques peuvent servir à mettre les mythes
nationaux en perspective. On apprend beaucoup à les examiner
attentivement. Les médias institutionnels grand public ont largement
évacué tout contexte historique qui pourrait induire un examen
critique général des événements tragiques du 11/9 et de la guerre
contre le terrorisme. Les faits qui entourent certains événements
historiques ont été littéralement effacés de l’histoire. Un retour sur
ce « trou noir de la mémoire historique » peut servir d’antidote à un
autre type de censure, la censure par omission.

Certains pourraient trouver incroyables les événements suivants de la
politique internationale des États-Unis, particulièrement lorsque ces
derniers ne sont pas contestables. En prenant en compte cette série de
provocations, de faux prétextes, de manipulations et d’opérations sous
faux-pavillon, les versions alternatives du 11/9 cadrent avec les
mensonges habituels des gouvernements, tandis que la version
officielle devient une anomalie. Bien que cela ne constitue pas une
preuve en ce qui concerne le 11/9, les médias auraient au moins une
indication sur la direction que pourrait prendre une véritable enquête
de leur part. (18) Voilà quelques exemples :

1846 : la guerre mexicano-américaine. Après l’annexion du Texas et
l’établissement plus au sud de la frontière avec le Mexique, le
Président James Polk a lorgné sur les vastes terres du Mexique, dont
la Californie qu’il voulait annexer depuis longtemps. Pour envahir le
Mexique, Polk avait besoin d’un prétexte, un incident qui permettrait
aux États-Unis d’envahir un pays bien plus faible et confisquer une
bonne partie de son territoire. Pour cela, il a envoyé une armée,
dirigée par le général Zachary Taylor, construire un fort au sud du
Rio Grande. Cette provocation attira la riposte prévue : les Mexicains
ont tenté de repousser l’incursion américaine, en tuant et en
capturant des soldats. Bien que le Président Polk ait été l’auteur de
la provocation, il envoya néanmoins un message indigné au Congrès pour
réclamer une déclaration de guerre. La guerre trouva des soutiens au
sein du Congrès auprès des Sudistes, farouchement déterminés à étendre
l’esclavagisme. La guerre elle-même fut de courte durée, mais les
gains furent immenses. En guise d’indemnisation pour avoir interrompu
son expansion vers le sud, les États-Unis obligèrent le Mexique à
céder un vaste territoire qui recouvre aujourd’hui le Nouveau Mexique,
l’Arizona, l’Utah, le Nevada, la Californie, et une partie du
Colorado. La série de provocations avait commencé. (19)

1898 : La guerre hispano-américaine fut déclenchée après une explosion
accidentelle sur le navire américain USS Maine dans le port de la
Havane. Les Espagnols tentèrent d’éviter la guerre mais les grands
journaux US, ceux de l’empire de presse Hearst en tête, affirmaient,
malgré l’absence de preuves, que l’Espagne avait attaqué un navire de
guerre américain. En réclamant vengeance, la presse « jaune » a
popularisé un cri de guerre devenu célèbre « Remember the Maine and to
Hell with Spain ! » (Souvenez-vous du Maine et au diable l’Espagne !).
Pendant la guerre qui suivit, les États-Unis s’emparèrent non
seulement de Cuba, mais aussi d’autres colonies espagnoles comme Porto
Rico et les Philippines. (20)

1915 : Aux abords de la première guerre mondiale, d’autres «
événements déclencheurs » se sont produits. Parmi les plus connus, on
trouve le naufrage du bateau de croisière britannique Lusitania qui a
aussi servi de prétexte, cette fois-ci pour entrer dans la première
guerre mondiale. Le gouvernement US savait que le bateau transportait
secrètement des munitions, mais n’a pas fait grand-chose pour en
avertir le public. Parmi les munitions se trouvaient des obus et des
cartouches destinés aux troupes anglaises qui combattaient les
Allemands. Lorsqu’un sous-marin allemand coula le paquebot, 1 195
passagers et membres d’équipage périrent. Tandis que le public
exprimait sa rage devant l’atrocité commise par les Allemands et que
la propagande de guerre s’intensifiait, le Président Woodrow Wilson
engageait les États-Unis dans la première guerre mondiale. (21)

1941 : La soi-disant attaque perfide de Pearl Harbor est un des plus
grands mythes de l’histoire des États-Unis, un événement cataclysmique
qui a servi à manipuler l’opinion publique jusqu’à nos jours. Alors
que Pearl Harbor a longtemps été présentée comme une attaque surprise,
les éléments rassemblés par l’historien Robert Stinnett montrent qu’en
réalité l’événement avait été provoqué par le gouvernement des États-
Unis qui a laissé faire pour pouvoir manipuler l’opinion publique. Le
mythe du « Jour d’infamie » de l’Amérique, longtemps enraciné dans
l’inconscient collectif américain, consolide fortement l’idée que
l’Amérique n’attaque que pour se défendre.

Pearl Harbor est un autre exemple d’une longue lignée de supercheries
à travers toute l’histoire des États-Unis destinées à manipuler
l’opinion publique en faveur d’une guerre. (22) En faisant appel à la
puissance du symbole de Pearl Harbor, le lobby néoconservateur Project
for a New American Century (Projet pour un nouveau siècle américain)
recourt à cette analogie historique dans son document Rebuilding
America’s Defenses (Reconstruire les Défenses de l’Amérique), publié
en 2000. Dans ce document, ils émettent des hypothèses sur ce qui
pourrait s’avérer nécessaire pour justifier un changement radical de
la politique étrangère des États-Unis. Les auteurs expliquent qu’une
transformation de la politique US promouvant le recours à la force
serait difficile, car « … le processus de transformation, même s’il
devait aboutir à des changements révolutionnaires, serait probablement
long sans un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau
Pearl Harbor ». (23) L’administration Bush tout autant que les grands
médias ont utilisé les événements du 11/9 pour ressusciter le mythe
selon lequel l’Amérique n’attaque jamais en premier et ne combat que
pour la liberté. (24)

1964 : L’« incident » du golfe de Tonkin déclencha une escalade
massive de la guerre au Vietnam. Pour préparer une opinion publique
réticente à entrer en guerre, les dirigeants américains organisèrent
des raids le long des côtes nord-vietnamiennes mais furent frustrés
lorsque les Nord-vietnamiens ne ripostèrent pas. Le Président Lyndon
B. Johnson, le secrétaire à la Défense Robert McNamara, et d’autres
hauts dirigeants en arrivèrent à la conclusion qu’il fallait un
événement marquant, un prétexte pour remuer l’opinion publique. En
l’absence d’attaque, il fallait donc en inventer une. (25)

La « riposte » a pris la forme de soi-disant attaques nord-
vietnamiennes contre deux croiseurs US. Au mois d’août 1964, le
premier navire a été prétendument attaqué par des torpilleurs
vietnamiens. (26) Deux jours plus tard, les médias ont annoncé que les
Nord-vietnamiens avaient attaqué un second navire américain. Bien que
le Pentagone ait affirmé que les assaillants avaient été repoussés,
les officiers à bord du croiseur ont révélé plus tard que « nos
destroyers ne faisaient que tirer sur des cibles fantômes… il n’y
avait pas de torpilleurs devant nous. » (27) Néanmoins, quelques jours
plus tard, le Congrès votait la résolution du golfe de Tonkin, sur la
base d’événements qui n’avaient pas eu lieu, pour entraîner les États-
Unis dans une « opération de police » désastreuse qui allait durer 10
ans, coûter la vie à plus de deux millions de personnes, et couvrir
les États-Unis de déshonneur. (28)

Remarques :

Les médias qui abordent les sujets importants du présent devraient
rappeler ces exemples du passé. Au lieu de cela, les événements
importants qui contredisent les mythologies officielles américaines
sont souvent ignorés. Cette tendance a été formalisée au début du XXe
siècle.

L’avènement de la première guerre mondiale a propulsé la nouvelle
science de la propagande à l’avant-scène des opérations
gouvernementales. Le Président Woodrow Wilson créa le premier système
officiel de propagande en nommant le génie des relations publiques,
George Creel, à la tête du Committee on Public Information (Commission
à l’information publique). Le rôle de la CPI était de distiller des
informations auprès de la population afin d’obtenir la réaction
voulue. Le programme fut un grand succès. Avec l’aide d’Edward
Bernays, neveu de Sigmund Freud et un promoteur de la propagande des
premiers jours, le gouvernement développa des nouvelles méthodes pour
convaincre l’opinion publique américaine pacifiste d’entrer dans « la
der des der » et dans « La guerre qui fera du monde un havre pour la
démocratie ». Dans son livre Propaganda de 1928, devenu un classique,
Bernays faisait remarquer que : « La manipulation consciente et
intelligente des habitudes organisées des masses est un élément
important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce
mécanisme invisible de la société constituent un gouvernement
invisible qui est le véritable pouvoir dirigeant du pays. » (29)

Tout en analysant le rôle des médias dans la popularisation des mythes
auprès du public, continuons à déconstruire les dénis et les
supercheries de la version officielle du 11/9.

Fabrication instantanée de mythes sur le 11-Septembre

1. Construction immédiate d’une version officielle

« Très souvent, l’ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, délibéré,
manigancé et malhonnête, mais le mythe – persistant, convaincant et
irréel. »
John F. Kennedy
Le 11 septembre 2001, les officiels du gouvernement et les grands
médias ont commencé à construire la version officielle avec une
rapidité sans précédent. Avant même la fin des attentats, la division
de l’antiterrorisme du FBI disait au conseiller à la Sécurité
nationale Richard Clarke que c’était des agents d’al-Qaïda qui avaient
attaqué le World Trade Center. Cette version a été adaptée et
amplifiée dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi. (30)
D’un côté, les hauts responsables affirmaient que les attaques les
avaient pris totalement par surprise. Et pourtant, de l’autre, le 11
septembre à 11 heures de matin, le FBI avait déjà commencé à publier
les noms, nationalités et photos des 19 pirates présumés. Avant même
que se soient dissipées la fumée et la poussière, les mythologues des
médias étaient fins prêts pour tout expliquer en faisant largement
appel à la mythologie traditionnelle et à l’histoire populaire.

Mais si les autorités étaient si peu au courant au point d’avoir été
pris par surprise, comment ont-elles réussi à découvrir si rapidement
la liste exacte des coupables ? Les services de sécurité avaient-ils
gardé ces agents d’al-Qaïda sous surveillance ? Pour en rajouter dans
les contradictions, la véracité de la liste s’est révélée suspecte.
Dans les semaines qui ont suivi les attaques, plusieurs médias, dont
la BBC, ont révélé que certains des individus mentionnés dans la liste
étaient encore en vie. (31) Ces révélations auraient dû jeter un
discrédit sur la version officielle, ce qui explique en partie la
discrétion des médias sur ce sujet.

2. Les grands médias mènent la danse dans la fabrication de mythes sur
le 11/9

« L’histoire est le présent. C’est pourquoi chaque génération la
réécrit. Mais ce que la plupart des gens croient être l’histoire n’est
que son produit fini, le mythe. »
E.L. Doctorow
Si la rapidité avec laquelle les coupables ont été identifiés est
étonnante, la vitesse avec laquelle les médias ont suivi l’est plus
encore. À peine quelques heures après l’effondrement des tours, le
sénateur Orin Hatch (Républicain de l’Utah) de la Commission du Sénat
sur le Renseignement avait déjà désigné ben Laden comme le responsable
des attentats du 11/9, même s’il n’y avait guère d’éléments pour le
prouver, ni à l’époque, ni même plus tard. (32) À travers la
fabrication de mythes par les médias, ben Laden est devenu le suspect
principal « prêt à l’emploi » des attaques du 11/9. Le FBI l’a ensuite
retiré de la liste des personnes les plus recherchées, parlant de
manque de preuves. (33)

Mais si ces attentats avaient été des attaques surprises, comment le
gouvernement et certains médias pouvaient-ils, le jour même, connaître
les noms des coupables ? CNN, par exemple, à 16 h 00 le 11 septembre
2001, a accusé ben Laden « sur la base d’éléments nouveaux et précis
découverts depuis les attentats ». (34) Les grands médias et le
gouvernement ont fait preuve ce jour-là d’une vision étonnante,
capable de transpercer les fumées épaisses qui s’élevaient, en créant
un méchant plus vrai que nature, en brossant par avance les traits
d’une nouvelle politique, générant peut-être ainsi une prophétie auto
réalisatrice sur la guerre contre le terrorisme. La nuit suivant les
attentats, le Président Bush écrivait dans son journal : « Le Pearl
Harbor du XXIe siècle a eu lieu aujourd’hui… Nous pensons que c’est
Oussama ben Laden. » (35)

De même, le mythe colporté sur les Tours Jumelles est né dans les
moments qui ont immédiatement suivi. Juste après la destruction des
tours, FOX News a donné la parole à « un passant », un témoin dont les
propos devaient plus tard devenir la version officielle. Fox News a
interviewé le « passant » qui, de manière étonnante, a expliqué :
« … J’ai vu les deux tours tomber, la première puis la seconde, à
cause d’une défaillance structurelle provoquée essentiellement par
l’intensité des incendies. » (36) Cela aussi parait étrange. Dans un
état de choc, utilisant un jargon d’ingénieur, cet homme spéculait sur
les causes de la catastrophe. Ce faisant, il annonçait la version
officielle. D’autres versions avaient été formulées le même jour, mais
elles ont été noyées par celle-ci, née dans le chaos de la rue, et qui
devait devenir la version officielle du Rapport de la Commission sur
le 11/9.

Versions alternatives : la suppression des témoignages des secouristes

Au lieu d’interviewer simplement un passant, les médias auraient pu
interviewer d’abord les secouristes sur ce qui aurait pu provoquer
l’effondrement des tours. Mais lorsque les médias ont interviewé les
secouristes, ils se sont contentés de raconter leur héroïsme et de
relayer l’horreur vécue. Pratiquement sans exception, les médias n’ont
relayé aucun des nombreux témoignages des secouristes qui parlaient
d’explosions avant et pendant l’effondrement des tours.

En anticipant l’importance de leurs témoignages, certains secouristes
se sont enregistrés. Sur ces enregistrements, des dizaines de pompiers
parlent d’explosions, particulièrement d’une série de sons « boum,
boum, boum » au moment où les tours ont commencé à s’écrouler. En
2002, des rapports similaires de pompiers ont été publiés. Le pompier
Thomas Turilli se rappelle que le son était « comme des bombes qui
explosaient, boum, boum, boum, peut-être 7 ou 8, puis un souffle
immense a surgi et le chef nous a tous jetés à terre et s’est couché
sur nous. » (37) Ceci n’est qu’un des dizaines de témoignages
similaires de secouristes qui tous parlent d’explosions.

Juste après les attaques, la ville de New York a fait saisir les
propos enregistrés des pompiers et le service des pompiers a interdit
à quiconque d’en parler parce que, selon lui, leur contenu pouvait
devenir des pièces à conviction lors d’un procès. Cette suppression
d’éléments de preuves perdura sous les maires Rudy Giuliani et Michael
Bloomberg. Il a fallu attendre 3 ans, après des pressions des familles
des victimes et un procès intenté par le New York Times pour voir la
ville communiquer enfin les bandes de ces témoignages. (38)

À voir la manière dont les tours se sont désintégrées et sont tombées,
certains observateurs ont émis l’idée que les tours ne s’étaient pas
simplement « effondrées ». En fait, un présentateur de CBS News, Dan
Rather, a annoncé le 11/9 que les effondrements « rappelaient la
manière… lorsqu’un immeuble est délibérément détruit par des
explosifs placés au bon endroit pour le faire tomber ». L’émission ABC
News avec Peter Jennings a souligné aussi cette similitude. Pourtant,
depuis le 11/9, personne dans les grands médias n’a jamais fait une
telle comparaison de nouveau. (39)

3. Les rapports prématurés sur l’immeuble 7 du World Trade Center

D’étranges pratiques journalistiques ont accompagné l’effondrement de
la 3e tour, l’immeuble 7 du World Trade Center (WTC-7). Il s’agit du
scoop de CNN annonçant « l’effondrement » du WTC-7 une demi-heure
avant l’événement et d’un reportage de la BBC qui l’a annoncé 26
minutes avant. Ces deux reportages auraient dû provoquer quelques
remous dans les médias, mais ils ont été immédiatement oubliés. (40)

Puisque aucun avion n’avait frappé ce gratte-ciel de 47 étages, doté
d’une structure d’acier, et puisque les incendies étaient bien plus
restreints que ceux des Tours Jumelles, pourquoi quelqu’un aurait-il
eu l’idée d’imaginer sa désintégration et son effondrement ? Une fois
de plus, les médias ont énoncé ce qui devait devenir la version
officielle, et ce avec une avance incroyable, avant même que
l’événement ne se produise, et ils l’ont ensuite développé pendant les
jours et les mois qui ont suivi. (41) Pourtant, quelles étaient les
chances que deux grands médias fassent la même erreur en même temps
sur le même sujet ? Nous avons ici l’exemple de reportages dont la
chronologie semble hautement improbable ou totalement incroyable.
Quelle que soit la conclusion qu’on en tire, la question importante
est celle-ci : pourquoi aucun grand média n’a jugé bon d’enquêter là-
dessus ?

Très récemment, le Financial Times de Londres a publié un des articles
les plus détaillés sur le WTC-7 jamais publiés à ce jour dans un grand
média commercial. Sinon, très peu ont couvert cette histoire
controversée. (42)

Dans le contexte de la construction d’un mythe, ce reportage devrait
être examiné et débattu dans les médias. Pratiquement personne dans
les grands médias et seulement quelques personnes courageuses de la
presse indépendante ont enquêté sur ces histoires. Une telle entorse à
la déontologie du métier mériterait à elle seule une enquête. Les
reportages des grandes chaînes de télévision dès les premières heures
ont largement contribué à générer spontanément du mythe. Avec le
recul, cela soulève de sérieuses questions.

4. Les derniers instants du vol UA93 : le recyclage d’anciens mythes

Tous les mythes qui entourent le 11/9 ne proviennent pas du passé
américain. La calamité d’une attaque sur le territoire national
exigeait le développement de nouveaux mythes et a permis à «
l’industrie-à-fabriquer-de-l’opinion » d’exploiter cette faiblesse
culturelle. Non seulement les médias ont échoué à expliquer ces
événements tragiques, mais ils ont généré des contes mythiques dans
leur sillage (comme le téléfilm Vol 93).

Le plus connu de ces mythes est celui des passagers héroïques du vol
UA93 qui, en se révoltant contre les pirates, auraient prétendument
empêché une frappe sur Washington DC. Par leur geste, les passagers
ont non seulement fourni un modèle de comportement aux Américains,
mais ils ont aussi lancé la première contre-attaque dans la guerre
contre le terrorisme. Il est indéniable que se soulever contre les
pirates d’un avion constitue effectivement un acte héroïque, mais
affirmer que cette action a empêché une autre frappe sur la capitale
requiert d’autres présomptions – par exemple, celle d’une défaillance
persistante d’un système de défense anti-aérien qui a coûté plusieurs
milliers de milliards de dollars. Pour croire au mythe du vol UA93, il
faut aussi nier une quantité non négligeable de preuves matérielles,
comme la découverte de fragments de l’avion à plus de 13 km du point
d’impact. (43)

Un scénario d’héroïsme désintéressé pour feuilleton télé

Chaque mythe a besoin de héros. Dans le cas du vol UA93, plusieurs
candidats ont été identifiés par les télévisions, par les appels
effectués à partir de téléphones portables. Bien qu’il existe toujours
une controverse sur la possibilité de passer de tels coups de fils à
l’époque, ce détail est sans importance quant à la construction du
mythe du vol 93. (44)

Que ces appels aient pu ou non passer, le vol du « Allons-y les gars
» (« Let’s Roll »), ainsi qu’il allait être surnommé, a provoqué une
éruption instantanée de mythes lancés par les médias. Au cours des
quelques jours qui ont suivi, plus d’une dizaine de personnes ont
signalé avoir reçu des appels de leurs proches – la plupart étaient
des gens qui venaient de perdre leur conjoint lorsque le vol UA93
s’est écrasé près de Shanksville, en Pennsylvanie. Les histoires
poignantes racontées par ces survivants s’immiscèrent dans une
conscience populaire déjà submergée par le pathos et l’angoisse.

À la recherche d’histoires sensationnelles, les grands médias se sont
immédiatement focalisés sur la vie et la mort héroïque des passagers
du vol UA93. (45) En l’absence totale de preuves matérielles, les
grands médias se sont mis à rédiger des scénarios pour les histoires
qu’ils avaient l’intention de raconter. Bien que les appels aux
proches n’aient pas fait l’objet de vérifications, les grands médias
se sont emparés de cette histoire. Plusieurs médias se sont empressés
de la diffuser en consacrant un temps considérable aux proches qui
auraient reçu ces appels. Les médias ont ainsi imposé de manière
indélébile une histoire de sacrifice héroïque. Devant le besoin de se
réaffirmer et de s’identifier émotionnellement aux proches des
victimes, leurs reportages ont connu des audiences exceptionnelles.
Les dernières paroles énigmatiques du vendeur de logiciels Todd
Beamer, entendues par un opérateur des téléphones de bord, sont
devenues légendaires : « Vous êtes prêts ? OK. Allons-y les gars. »
Comme la plupart d’entre nous s’en souviennent, la révolte des
passagers a été déclenchée par ce cri de guerre. (46)

Peu de spectateurs semblaient avoir remarqué que Todd Beamer n’a
jamais parlé à sa femme, mais a préféré parler pendant 15 minutes à
Lisa Jefferson, une opératrice de GTE Airfone/Verizon. Mme Jefferson a
promis d’appeler la femme de Todd s’il devait mourir. Cependant,
Jefferson n’a pas suivi le protocole de la compagnie GTE : elle n’a
pas enregistré l’appel d’urgence de Todd Beamer. Les médias n’avaient
aucun moyen de vérifier l’appel. (47) Une fois l’appel rendu public,
les médias ont noyé Lisa Beamer sous les invitations : pendant un an
ou plus, elle a accordé plus de 200 interviews. Larry King, de CNN,
lui a offert son plateau à partir duquel elle a pu défendre le plan de
compensation des victimes pour un montant de 7 milliards de dollars
offerts par l’administration Bush. (48) Une fois encore, plutôt que
d’informer dans un contexte où pouvaient subsister des éléments
inconnus, les grands médias commerciaux ont préféré présenter un mythe
sur l’héroïsme.

Tout ceci a eu lieu au moment où le pays était encore sous le choc des
images de l’effondrement des Tours Jumelles et n’a fait qu’accentuer
le traumatisme dans le public. Ce n’était pas uniquement dû au fait
que les images des tours aient été diffusées des centaines de fois aux
heures de grande écoute à la télé ; c’était aussi le symbolisme
obsédant que ces images véhiculaient. Toujours sensible à l’impact
d’une métaphore, le linguiste et psychologue George Lakoff a fait
remarquer que de nombreux Américains, en voyant la désintégration des
tours et la chute de ceux qui tentèrent de s’échapper en sautant, ont
vu leur propre chute ainsi que celle de leurs compatriotes. En termes
encore plus imagés, Lakoff a souligné : « L’image d’un avion pénétrant
la tour Sud a été pour moi celle d’une balle transperçant un crâne,
les flammes qui jaillissaient de l’autre côté étaient comme du sang
qui giclait. C’était un assassinat. » (49) Ceci a renforcé le mythe de
la version officielle : le 11/9, c’était la liberté même, personnifiée
par les tours, qui était attaquée.

De nombreux observateurs ont aussi souligné que, dans l’esprit du
public, les Tours Jumelles étaient des symboles du capitalisme et de
l’interventionnisme américains. C’était la raison pour laquelle le «
cerveau » d’al-Qaïda, Khaled Sheikh Mohammed, disait qu’elles avaient
été prises pour cibles. (50) Un contre mythe intéressant donné par les
médias commerciaux nous est fourni par le livre de Mitch Frank, du
magazine Time, où il affirme que les tours étaient des symboles
globaux de paix et que les « maléfiques », comme les appelait Bush,
attaquaient non seulement la liberté américaine, mais le concept de
paix lui-même. Ce dernier mythe allait devenir une puissante
justification à la guerre contre le terrorisme, puisqu’il fait appel à
la mythologie de l’exceptionnalisme américain.

Comme si les choses avaient été planifiées selon les termes du livre
de Naomi Klein, La Stratégie du choc, les images alarmantes du 11/9
ont préparé le public à une nouvelle politique – la guerre contre le
terrorisme, le Homeland Security (le ministère nouvellement créé de la
Sécurité de la Patrie, NdT), et la loi USA PATRIOT ACT (Uniting and
Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to
Intercept and Obstruct Terrorism Act ou en français : Loi pour unir et
renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler
et contrer le terrorisme, NdT) – des politiques qui étaient
impensables avant le cataclysme psychique du 11/9. (52)

La nécessité de héros positifs

À cette époque de traumatisme et d’humiliation nationaux, une autre
histoire très séduisante est apparue. Elle racontait l’histoire d’une
révolte de passagers qui, après plusieurs minutes de lutte, ont repris
le contrôle du poste de pilotage et/ou ont fait perdre le contrôle de
l’avion aux pirates. (53) Cette histoire de prise de contrôle du
cockpit racontait aux Américains que des passagers héroïques avaient
non seulement riposté, mais aussi empêché une autre attaque sur
Washington. Avant même que l’avion ne se soit écrasé, la première
bataille de la guerre contre le terrorisme avait commencé.

Mais ceci n’est pas simplement un mythe patriotique réconfortant, il a
aussi détourné l’attention et couvert une autre histoire, une histoire
aux implications sinistres. La première version du Pentagone sur le
vol UA93 a révélé que des chasseurs F-16 suivaient l’avion et certains
rapports militaires ont même précisé que l’avion avait été abattu. Le
11/9 et les jours qui ont suivi, des sources militaires ont signalé un
avion abattu au-dessus de la Pennsylvanie et de nombreux éléments
matériels indiquaient qu’un avion avait effectivement été abattu. (54)
En résumé, diverses sources – de la presse locale jusqu’aux plus
hautes instances du Pentagone – ont d’abord déclaré que le vol UA93
avait été abattu, pour ensuite changer de version peu de temps après.
(55) Cependant, la première version n’était pas celle que le public
voulait entendre. Encore une fois, quelle que soit la conclusion sur
le destin du vol UA93, les grands médias commerciaux se sont focalisés
sur des histoires d’héroïsme et de puissance Américaine, pas sur les
éléments concrets sur le terrain. (56)

Les médias persistent à renforcer le mythe du vol UA93

Quelle que soit la vérité sur les derniers instants du vol UA93, ils
constituaient un matériel dramatique avec une très forte charge
émotionnelle qui avait tout pour plaire. Quatre films ont rapidement
été tournés : Let’s Roll : The Story of Flight 93 (2002), The Flight
That Fought Back (2005), Flight 93 : The Movie (2006), et United 93
(2006). (57) Les studios et les chaînes ont immédiatement saisi
l’énorme potentiel en termes de suspense, de conflit, d’héroïsme et de
drames humains.

Réécrire l’histoire, réviser le mythe à travers un film

Le cinquième anniversaire de la tragédie du 11/9 constitue un exemple
de la manière dont une histoire racontée de manière quasi historique
peut à la fois renforcer et réviser une version précédente. Un
docufiction peut aussi modeler la perception du public pour, dans ce
cas précis, rejeter la faute sur l’administration Clinton – et par
extension aux Démocrates, malgré le fait que les événements du 11/9
aient eu lieu sous une administration républicaine. En termes crus, le
résultat fut un film pseudo historique tourné dans un but de
propagande. Le docudrame d’ABC/Disney, The Path To 9/11, a provoqué
des controverses en coulisses. Promu par de pleines pages de publicité
qui montrait des yeux sombres regardant à travers une entaille dans le
drapeau américain, cette émission spéciale a provoqué de tumultueux
remous. Elle avait été coproduite par l’ancien Président de la
Commission, Thomas Kean, qui apparemment était impatient à la fois de
promouvoir la version officielle qu’il avait aidée à rédiger ainsi que
d’enfoncer l’administration Clinton un peu plus qu’elle ne l’avait été
dans le Rapport de la Commission. Ainsi donc, la fiction dramatique
avait été conçue par des politiciens dans un but politique précis. (58)

Les pourvoyeurs de sensations fortes découvrent l’Histoire pop

Certains animateurs d’émission de radio conservateurs (très à droite,
NdT) ont découvert l’histoire récente après la diffusion du
docufiction de la chaîne ABC/Disney. Ils ont mis en évidence ce que
les services de renseignement savaient et ce que la Maison Blanche
n’avait pas fait au sujet d’al-Qaïda – mais uniquement pendant les
années Clinton. (59) Des porte-parole républicains et les pourvoyeurs
de sensations fortes se sont exprimés comme s’ils lisaient le même
prompteur. D’un seul coup, les grands pontes discutaient des éléments
importants que la Commission sur le 11/9 avait ignorés – des choses
qu’ils n’avaient jamais relevées auparavant. Rush Limbaugh a commencé
par citer le complot Bojinka d’al-Qaïda en 1994 comme la preuve que
c’était l’administration Clinton, et non celle de Bush, qui aurait dû
empêcher les attentats du 11/9. Le moment choisi et la présentation
biaisée de cet élément historique précis par certaines vedettes de la
radio mérite d’être soulignés dans le contexte d’un processus de
fabrication d’un mythe.

Alors que la fabrication, la révision et la confirmation du mythe se
poursuit, il en va de même pour la recherche d’une version qui aurait
plus de sens. Bien que les mythes persistent, ils doivent désormais
faire face à un développement de l’analyse logique. Alors que les
grands médias commerciaux et même une certaine presse progressiste
perpétuent les mythes historiques, de nombreux Américains exigent une
version basée sur des faits. Un sondage effectué par l’institut Zogby
International en 2007 montrait que 51 % des Américains voulaient une
enquête sur les rôles joués par le Président Bush et le Vice-président
Cheney dans les événements du 11/9, et que 67 % voulaient une enquête
sur la Commission du 11/9 qui a complètement ignoré l’effondrement de
la tour 7 du WTC. Ce qui laisse penser que de nombreux Américains,
malgré le bombardement de mythes par les médias, se demandent encore
ce qui a réellement pu se passer le 11/9. (60)

Héros et victimes

Dans les moments de doute, de vulnérabilité et de peur, la «
mythologisation » de l’héroïsme et la victimisation ont agi comme un
réconfort pour les Américains, vis à vis d’eux-mêmes et de leurs
compatriotes. Les ennemis avaient été identifiés et les chariots
placés en cercle, donnant l’impression que tout le monde « était uni
». Ceci fut exprimé d’une autre manière dans la phrase digne d’un
slogan pour autocollant : « Nous sommes unis ». Cependant, la fixation
sur les héros et les victimes a aussi eu d’autres effets : le
renforcement de la notion simpliste d’une bonté naturelle, renforçant
le sentiment que l’Amérique n’était qu’une victime innocente – que sa
politique étrangère n’avait rien à voir avec l’agression subie. De
plus, la préoccupation des médias pour les héros et les victimes a eu
pour effet de détourner l’attention d’autres aspects, plus complexes,
plus dérangeants, moins enthousiasmants de la catastrophe.

Les mythologues des médias ont réussi jusqu’à présent à empêcher tout
débat national sur des aspects essentiels du 11/9. Le pouvoir du mythe
à écarter toute recherche de la vérité peut se révéler très puissant.
Cependant, le mouvement qui cherche à comprendre ces événements et qui
propose d’autres versions prend de l’ampleur et fait partie d’un
mouvement plus large d’Urgence pour la Vérité. Comme le faisait
remarquer le professeur Peter Dale Scott de l’Université de Californie
à Berkeley : « … Nous entrons dans un état d’urgence dont les limites
exactes sont inconnues, sur les bases d’un événement grave et
controversé – le 11/9 – qui demeure encore largement un mystère. » (61)

Le pouvoir du recadrage et du renforcement

Les fabricants de mythes se contentent rarement du degré de crédulité
du public, quel que soit son niveau. Lors de la Convention
républicaine de l’été 2008 à Minneapolis, dans l’État du Michigan, la
première dame Laura Bush, qu’on peut difficilement qualifier
d’observatrice neutre de l’administration Bush, a répété un des mythes
les plus opportunistes et douteux du début du XXIe siècle : que la
guerre contre le terrorisme avait été un succès : « N’oublions pas, »
a dit la première dame, « que le Président Bush a préservé la sécurité
du peuple américain. » (62)

La déclaration de Laura Bush se heurte à l’évidence, à savoir que
l’administration de son mari n’a pas préservé la sécurité du peuple
américain. En termes de principes inscrits dans la Constitution des
États-Unis, Bush a fait passer d’importantes restrictions sur les
libertés civiques, de la mise au placard des IIIe et IVe amendements
par la loi USA PATRIOT ACT à la suspension de l’Habeas Corpus remplacé
par la loi des tribunaux militaires spéciaux (Military Commission
Act). En termes de vies humaines, près de 3 000 personnes sont mortes
le 11/9 et plus de 6 000 ont été blessées, et des centaines de
secouristes sont tombés et tombent encore malades à cause de la
pollution du site et des mensonges de l’EPA, l’Agence de Protection de
l’Environnement. (63)

De plus, des milliers de soldats américains sont morts et des dizaines
de milliers ont été blessés dans des guerres qui n’ont aucun rapport
avec le 11/9, en Afghanistan et en Irak. Ce chiffre n’inclut pas le
million de morts irakiens estimé par Opinion Research Business en
Grande-Bretagne, ni les autres victimes de la région, dont environ 4,5
millions de réfugiés selon le journaliste indépendant Dahr Jamail,
provoqués par les guerres au Moyen-Orient après le 11/9. (64)
L’administration Bush a échoué non seulement à préserver la sécurité
des Américains, elle a aussi provoqué de grandes souffrances pour des
millions de gens à travers le monde, faisant sans doute ainsi
augmenter les risques pour les Américains. (65) Pourtant, le mythe
selon lequel l’administration Bush a réussi à préserver la sécurité
des Américains persiste.

Et pourtant les « spin doctors » [faiseurs d’opinion, NdT] du
gouvernement, appuyés par les grands médias, nous demandent de croire
que les événements du 11/9 étaient si exceptionnels qu’ils ne comptent
pas vraiment, que personne n’était responsable à ce moment-là, et donc
que personne n’était coupable. Une telle rhétorique implique une
réécriture importante de l’histoire dès sa première copie et démontre
que la censure est toujours vivace, c’est-à-dire que les mythes sont
admis et priment sur les faits. L’analyste politique britannique
Mohammed Cohen a fait remarquer que « le plus grand mystère politique
du XXIe siècle, peut-être de toute l’histoire de l’Amérique est celui-
ci : comment les Républicains ont-ils échappé à toute responsabilité
pour le 11/9 ? Comment les attaques les plus meurtrières jamais
commises sur le sol américain peuvent-elles constituer pour eux un
objet de fierté, plutôt que de honte ? » (66)

Les réponses sont complexes et impliquent une réécriture perpétuelle
et sans relâche des événements qui se poursuit depuis la retombée des
fumées toxiques du 11/9. À part l’expert en contreterrorisme, Richard
Clarke, aucun membre de l’administration Bush, de la FAA ou de l’armée
n’a eu à rendre des comptes pour les défaillances de la sécurité
nationale. C’est comme si le cataclysme était simplement tombé du
ciel, comme un éclair dans un ciel sans nuage ou, comme la Commission
sur le 11/9 l’a écrit, effectivement : « Tout le monde étant en partie
responsable, personne ne sera donc déclaré coupable ». (67)

Le renforcement de cette vision déformée persiste encore fin 2008.
Charlie Rose, l’animateur d’une émission sur PBS, nous en a fourni un
exemple parmi d’autres. Son invité, Nassim Nicolas Taleb, auteur de
Black Swan [Le Cygne noir – allusion au fait que l’on disait à une
époque qu’un cygne noir, « ça n’existe pas », jusqu’à leur découverte
en Nouvelle-Zélande – NdT], disait que lorsque l’on part du principe
que des événements anormaux ou rares ne peuvent pas se produire, c’est
à ce moment que leurs chances de se produire augmente. Rose a répliqué
aussi sec « comme le 11/9, qui était un cygne noir ». Lorsque Taleb,
lui-même d’origine musulmane, n’a pas répondu, Rose a pu renforcer le
mythe promu par l’administration Bush, et particulièrement Condoleezza
Rice, puis repris par la Commission sur le 11/9 selon lequel «
personne n’aurait pu imaginer » de telles attaques suicides. (68)

Ceci est à l’évidence faux, ne serait-ce qu’à cause du Rapport
quotidien au Président daté d’un mois avant le 11 septembre 2001
[Presidential Daily Briefing du 6 août, NdT], sans parler de nombreux
autres avertissements et exemples historiques. Rice elle-même a
témoigné devant la Commission sur le 11/9 que personne n’avait eu la
moindre idée qu’une telle attaque pouvait avoir lieu, alors que c’est
elle en personne qui avait remis au Président le rapport précisant
qu’une telle attaque allait se produire. Nous sommes censés croire au
mythe que personne n’est responsable, qu’il s’agissait d’une attaque
surprise. De nombreux dirigeants politiques, y compris des Démocrates
de la future administration Obama, avaient déjà prévenu qu’Obama
serait mis à l’épreuve dés les premiers jours de son mandat. Le futur
Vice-président Joseph Biden se trouvait à Seattle lorsqu’il a
déclaré : « Écoutez-moi bien. Dans les six premiers mois de son
mandat, le monde mettra Barack Obama à l’épreuve comme ils l’ont fait
pour John Kennedy. Le monde observe. Nous sommes sur le point d’élire
un brillant sénateur de 47 ans comme Président des États-Unis
d’Amérique. Et si vous ne deviez vous souvenir de rien d’autre,
souvenez-vous que je vous l’ai dit ici, à cet endroit même. Observez,
nous allons connaître une crise internationale, une crise sciemment
provoquée, pour tester ce gars. » (69) La manipulation et le mythe de
non responsabilité se poursuivent. D’autres attaques se produiront.
Personne n’en sera responsable. Le « test » sera la réaction, pas la
prévention. Cela a bien marché pour l’administration Bush. Le
Président Obama a peu de raisons de remettre en cause un mythe qui
pourrait aussi bien servir à sa propre administration s’il devait se
produire un autre 11-Septembre.

En outre, cette myopie historique a permis à l’administration Bush et
à la Commission d’enquête d’éluder les conséquences de non pas un
seul, mais deux préalables au 11-Septembre : le premier attentat
meurtrier contre le WTC en 1993 et aussi le projet contrecarré du
complot Bojinka l’année suivante. Les deux étaient l’œuvre d’al-Qaïda,
et ils ciblaient ces bâtiments emblématiques, mais les similitudes
vont bien au-delà. Si l’attentat du WTC et le complot avorté Bojinka
en 1994 avaient reçu plus d’attention, il serait devenu évident que
ces actions antérieures avaient été planifiées par le même groupe, et
plus spécifiquement certains des mêmes individus, en utilisant les
mêmes moyens, des avions (dans le cas de Bojinka), pour frapper les
mêmes objectifs. Les Tours Jumelles ont toujours été au sommet de la
liste des cibles pour al-Qaïda et leurs agents ont pris des leçons de
pilotage pendant des années. En outre, dans le cas du complot Bojinka
ces mêmes terroristes avaient les mêmes objectifs en utilisant une
tactique similaire : le détournement d’avions de ligne. Ne connaissant
pas cette histoire, le public n’a pas été en mesure de voir ces
étonnants parallèles, et le gouvernement a pu éviter de répondre à une
bien embarrassante question : comment les terroristes présumés ont-ils
pu planifier deux tentatives d’attentats contre les Tours et réussir
la troisième ?

Particulièrement révélateur de la politique aux États-Unis est le fait
que les Démocrates, historiquement sensibles aux accusations
mystificatrices du temps de la guerre froide qu’ils sont «
incompétents en matière de sécurité nationale », n’ont jamais contesté
cette opinion dans l’ensemble de la période de l’après-11-Septembre,
même si les Républicains ont souvent brandi cet argument comme un
bâton. Apparemment, fait remarquer Cohen, ils n’osent pas réfuter le
mythe « de peur d’être accusés de politiser le 11-Septembre, alors
même que les Républicains ne cessent d’utiliser la tragédie de manière
partisane ». Pour un public éduqué qui connaît l’histoire, il s’agit
là du spectacle incroyable et fascinant d’un ballet entre mythologie
et désinformation. « Le refus de l’administration Bush de reconnaître
la moindre responsabilité dans ces attaques », affirme Cohen, « est
absolument époustouflant. Pas le moindre responsable n’a été limogé
dans ce qui est le plus flagrant échec de la sécurité nationale depuis
Pearl Harbor ou l’incendie de la Maison Blanche par les Britanniques
en 1814. » (70) En fait, plusieurs des principaux responsables de
l’administration ont été promus après le 11/9, comme par exemple le
général Richard Myers ou la conseillère à la Sécurité nationale
Condoleezza Rice, qui devint secrétaire d’État. Il semble que
l’incompétence en haut lieu ait en fait été récompensée après ces
tragiques événements. Encore une fois, le rapport officiel a choisi de
blâmer tout le monde, et par conséquent, personne en particulier.
Personne n’a été tenu pour responsable de cette colossale suite
d’incompétences et d’échecs. Ce qui soulève d’autres questions. Peut-
être l’incompétence n’est-elle pas la seule possibilité ? Peut-être
ces mythes devraient-ils être déconstruits pour que la réalité du 11/9
se fonde en toute transparence sur l’information factuelle ?

Tirer les conclusions

« Un gouvernement populaire sans informations populaires ou les moyens
de les acquérir n’est que le prologue d’une farce ou d’une tragédie,
ou peut-être les deux. La connaissance gouvernera toujours
l’ignorance, et un peuple qui entend se gouverner lui-même, doit
s’armer du pouvoir que confère la connaissance. »
James Madison
Deux conclusions se dégagent de ce double examen de la création de
mythes par les médias, et des divers récits, officiels et alternatifs,
autour du 11-Septembre :

– les médias de masse, mais aussi les médias alternatifs,
sélectionnent des éléments d’un passé mythique pour façonner le
présent, et

– aux États-Unis, aucune enquête sérieuse n’a encore été entreprise
sur le rôle joué par le gouvernement et les grands médias dans
l’occultation de la réalité des événements du 11/9.

Pourtant, compte tenu de la façon dont le choc et le traumatisme
engendrés par les attentats du 11/9 ont été utilisés pour justifier
des changements politiques majeurs au cours des huit dernières années,
on serait en droit de penser qu’une enquête sérieuse et transparente
aurait été menée à bien depuis longtemps. À la lumière des faits
contradictoires établis, il est évident que la Commission d’enquête a
essentiellement consisté en un exercice visant à affiner puis à
sacraliser un mythe officiel, et non une enquête probante sur les
grandes questions (qui, quoi, quand et pourquoi) de ces événements
tragiques. Est-il possible d’imaginer que personne, à part les
kamikazes morts, n’ait été tenu pour responsable ? (71)

Dans une société démocratique, il est essentiel que les gens puissent
être bien informés par le biais d’une presse libre, de manière à ce
que le gouvernement, accessible et responsable, soit légitime.
Malheureusement, l’examen du 11-Septembre à la lumière des précédents
historiques montre à quel point cet idéal est devenu chimérique depuis
longtemps. Les médias (US) ont toujours failli à s’acquitter de leurs
objectifs pourtant garantis par la Constitution : informer le public
avec exactitude et agir comme le véritable quatrième pouvoir.

Les récits alternatifs à l’histoire mythique qui ont été passées sous
silence, délibérément ignorées voire censurées, offrent de nombreux
chemins de la connaissance pour aider à comprendre le présent. Les
mythologues des médias et leurs alliés politiques continuent à
projeter sur le monde leurs grandes fictions, ancrées dans la peur, la
xénophobie, et l’absence de responsabilité, plutôt que de rendre
compte d’une réalité complexe, chaotique, effrayante. Ils présentent
ainsi une seule analyse acceptable. Bien que l’Internet devienne sans
cesse plus accessible au plus grand nombre, il ne peut remplacer une
presse libre dans une société démocratique.

En tant qu’Américains, nous nous devons d’insister pour obtenir (du
gouvernement) une enquête franche et honnête, libérée des idéologies,
qui ne prenne pas comme point de départ des conclusions préétablies,
et n’aura pas peur de la vérité, quelle qu’elle soit. Si nous méritons
des médias qui montrent l’exemple, nous avons, plus que jamais, la
possibilité de « devenir nos propres médias ». (72) Une étape
importante vers la réalisation de cet objectif est de comprendre
comment les mythes des médias dominants obscurcissent les perspectives
historiques et factuelles alternatives que le public a désespérément
besoin d’examiner. En analysant la façon dont les médias fabriquent
des mythes, nous pouvons ouvrir la voie vers une présentation de la
réalité qui soit plus authentique et pluraliste.

Mickey S. Huff et Paul W. Rea
Fondateurs de Project Censored

Mickey S. Huff est professeur agrégé d’histoire et de raisonnement
critique au Diablo Valley College, chargé de cours en sociologie à la
Sonoma State University, et directeur associé de la Fondation de la
liberté des médias et de Project Censored. Il enseigne l’histoire
récente des États-Unis, l’histoire de la presse américaine, la
propagande de l’après-11/9, et la sociologie des médias et de la
censure. Il tient un blog à cette adresse : http://
mythinfo.blogspot.com et http://dailycensored.com

Paul W. Rea, PhD, professeur de sciences humaines, donne des cours
sur des questions politiques, notamment celles de « la politique à
l’ère nucléaire » et de « la science, la technologie et les valeurs
humaines », au St Mary’s College en Californie. En 2004, il a publié
Still Seeking the Truth About 9/11, [Toujours en quête de vérité sur
le 11/9], et termine Mounting Evidence : Why We Need a Serious
Investigation of 9/11 [Pourquoi nous avons besoin d’une enquête
sérieuse sur le 11/9].

Frances Capell est stagiaire à Project Censored et l’assistante de
Mickey Huff au Diablo Valley College. Mme Capell a contribué à la
correction de la version en ligne de cet article, initialement publié
comme le chapitre 14 du livre Project Censored 2009.

Article original en ligne ici :
http://www.projectcensored.org/asse

Traducteurs :
VD pour Le Grand Soir http://www.legrandsoir.info Et Arno Mansouri
pour ReOpen911 http://www.ReOpen911.info

Notes : (en anglais)
1. Radford, Benjamin. Media Mythmakers : How Journalists, Activists,
and Advertisers Mislead Us, 2003. Remarked Radford, « (…) in the wake
of the September 11 attacks, when the conventional wisdom espoused by
the news media was that Americans had been changed forever (…) only
weeks later, 90% of Americans who were polled said that their lives
had never really changed, or had already returned to normal. The news
media had assumed, wrongly, that all Americans were changed forever. »
Online at : http://www.mediamythmakers.com/cgi-bin/mediamythmakers.cgi

2. Phillips, Peter. Censored 2008, New York : Seven Stories Press,
2007. pp.233–251. Chapter 7 in the book, entitled, “Left Progressive
Media Inside the Propaganda Model” examines how and why progressive
media mirror corporate coverage of certain controversial issues like
9/11 and election fraud among others. Or see : http://www.projectcensored.org/arti

3. Rose, Charlie. PBS, June 6, 2008. Online at http://www.charlierose.com/home

4. The website of the 9/11 Commission, http://911commission.gov

5. See Censored 2003, Chapter 1, Story #4 and all of Chapter 2 ;
Censored 2005, Chapter 1, Story #9 ; Censored 2006, all of Chapter 4
entitled “Unanswered Questions of 9/11” or see : http://www.projectcensored.org/arti
… ; Censored 2007, Chapter 1, Story #18 ; Censored 2008, Chapter 1,
Story #16, Chapter 2 updates p.139, and Chapter 7, pp.233–251.

6. Carlson, Tucker. MSNBC, August 9, 2006, Interview with Dr. David
Ray Griffin, quote at 1:40 into the clip. Available at : http://www.youtube.com/watch?v=AxKW

7. Winthrop, John. City Upon a Hill. 1630. Archived at : http://www.mtholyoke.edu/acad/intre

8. McCrisken, Trevor B., Exceptionalism : Manifest Destiny,
Encyclopedia of American Foreign Policy, Vol. 2. New York : Charles
Scribner’s Sons, 2002. p.68. Journalist John O’Sullivan stated : “And
that claim is by the right of our manifest destiny to overspread and
to possess the whole of the continent which Providence has given us
for the development of the great experiment of liberty and federated
self-government entrusted to us.” New York Morning News, December 27,
1845. These formative myths of origin have been well examined in
standard scholarship, such as Henry Nash Smith’s Virgin Land : The
American West as Symbol and Myth and Perry Miller’s The New England
Mind, among many other standard historical texts.

9. Rather, Dan. CNN, September 22, 2001. For an entire listing of post
9/11 interviews from Rather, see : http://
www.cooperativeresearch.org/… For further reading and the direct
quote, see Artz, Lee, and Kamalipour, Yahya R. Bring ‘Em On : Media
and Politics in the Iraq War, New York : Rowman and Littlefield, 2005.
p.69.

10. Maher, Bill. Politically Incorrect. See the story online at : http://thebigstory.org/ov/ov-politi

11.Fleisher, Ari. White House spokesperson, September 26, 2001. Online
at : http://www.whitehouse.gov/news/rele

12. Though not the focus here, other examples of attacks on those who
questioned the War on Terror and the official accounting of 9/11
included the firing of Professor Ward Churchill at the University of
Colorado, Boulder, and the corporate media blacklisting of the country
group, the Dixie Chicks.

On Ward Churchill, see : http://wardchurchill.net/

For the Dixie Chicks blacklisting and many others see : http://www.thirdworldtraveler.com/M

On the recurrence of McCarthyism post-9/11, see Matthew Rothchild’s
“McCarthy Watch” at : http://www.progressive.org/list/mccarthy

13. Phillips, Censored 2008. Chapter 1, Story #16, p.93. For more on
the contradiction between the FBI and State Department, see : http://www.rewardsforjustice.net/in

14. American Progress. Online at http://www.americanprogress.org/iss

15. This thesis is explored at length in the documentary film
Hijacking Catastrophe : 9/11, Fear, and the Selling of the American
Empire, Media Education Foundation, 2004. Online at : http://www.mediaed.org/videos/Comme
… and http://freedocumentaries.org

16. Moyers, Bill. Bill Moyers’ Journal. PBS. April 25, 2008. http://www.pbs.org/moyers/journal/0

17. Petras, James. “Provocations as Pretexts for Imperial War : From
Pearl Harbor to 9/11,” Centre for Research on Globalisation, online
at : http://www.globalresearch.ca/index…. Petras has a detailed
accounting of historical precedents for 9/11 focusing heavily on Pearl
Harbor. Additionally, author Mickey Huff has remarked on this topic at
his blog and in several national radio interviews available at : http://mythinfo.blogspot.com/2007/0
… and http://mythinfo.blogspot.com/2007/0

Further, considering 9/11 research, among the most thorough online
sites dedicated to alternative theories of 9/11 are researcher James
Hoffman’s http://911research.wtc7.net/ and the Scholars for 9/11 Truth
and Justice with Dr.

Steven Jones at : http://stj911.org/

18. For a brief overview of this, see Griffin, David Ray. Christian
Faith and the Truth Behind 9/11, Louisville : John Knox Press, 2006.
pp.3–15.

19. Foner, Eric. Give Me Liberty : An American History, Volume 1,
Seagull Edition. New York : W.W. Norton and Company, 2006. pp. 402–
405 ; and Zinn, Howard. A People’s History of the United States.
Abridged teaching ed. New York : New Press, 2003. pp.113–124.

20. Kinzer, Stephen. Overthrow : America’s Century of Regime Change
from Hawaii to Iraq. New York : Henry Holt and Company, 2006, pp.31–
55. Also see, Zinn, A People’s History of the United States, pp. 219–
232.

21. Foner, Eric. Give Me Liberty, Volume 2, Seagull Edition. New
York : W.W. Norton and Company, 2006. pp. 629–632. Also see Zinn, A
People’s History, pp.263–274.

22. Stinnett, Robert. Day of Deceit : The Truth About FDR and Pearl
Harbor. New York : Touchstone, 2000. pp.1–5. Petras, James.
“Provocations as Pretexts for Imperial War : From Pearl Harbor to
9/11,” Centre for Research on Globalisation, online at : http://www.globalresearch.ca/index
….

Robert Stinnett demonstrated that President Roosevelt provoked war
with Japan. Deliberately following a program of harassment and embargo
against Japan developed by Lt. Commander Arthur H. McCollum, head of
the Far East desk of the Office of Naval Intelligence, FDR ensured
that the Japan would attack the US. In the run-up to the attack,
explains sociologist/historian James Petras, FDR ordered “eight
specific measures which amounted to acts of war, including an economic
embargo of Japan, the shipment of arms to Japan’s adversaries, the
prevention of Tokyo from securing strategic raw materials essential
for its economy, and the denial of port access, thus provoking a
military confrontation.” Also see, Thomas, William. Days of
Deception : Ground Zero and Beyond. Carson City, Nev. : Bridger House,
2006. Chapter 1.

Citations in Thomas are not as good as Stinnett, but the first chapter
is of worth on this topic.

23. Project for the New American Century. Rebuilding America’s
Defenses. Washington, D.C., September, 2000. pp.50–51. Also, see
Griffin, David Ray. The New Pearl Harbor : Disturbing Questions about
the Bush Administration and 9/11. Northampton : Olive Branch Press,
2004. p.xi. Note : The Project for the New American Century website
was closed down in spring of 2008. See : http://www.blacklistednews.com/view
… for details.

24. See aforementioned works by Stinnett and Griffin for more on this.
It should also be noted, PBS documentarian Ken Burns went on to make a
film in 2007, simply called “The War” about WWII that further elevated
the sneak attack myth to new heights, perhaps subconsciously to remind
Americans that the War on Terror, like WWII, was a just war. For more
analysis on this, see author Mickey Huff’s blog piece, “Myth America :
The War, 9/11, and the Propaganda of Grand Historical Narratives.”
October 1, 2007. Online at : http://mythinfo.blogspot.com/2007/1

25. Petras, online at : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=9063

26. US Naval Historical Center USS Maddox (DD-731), 1944–1972,
“Actions in the Gulf of Tonkin,” August 1964.

27. Hallin, Daniel C. The “Uncensored War” : The Media and Vietnam.
Berkeley, Ca. : University of California Press, 1989. pp.16–17.

28. Hanyok, Robert J., “His NSC study on Tonkin Gulf Deception The
History Network,” online at : http://hnn.us/roundup/entries/17620.html
and Shane, Scott, “Vietnam War

Intelligence ‘Deliberately Skewed,’ Secret Study Says,” New York
Times, December 2, 2005. Online at : http://www.commondreams.org/
headlin… and

Agence France Presse, “Report Reveals Vietnam War Hoaxes, Faked
Attacks,” January 9, 2008. Online at : http://www.commondreams.org/archive

29. Bernays, Edward. Propaganda. New York : H. Liveright, 1928. Quote
taken from IG Publishing reissue, 2005. p.37.

30. Clarke, Richard. Against All Enemies : Inside America’s War on
Terror. New York : The New Press, 2004. pp.2, 13–14.

31. Thompson, Paul. The Terror Timeline, New York : Regan Books, 2004.
pp.496–98.

32. Thompson, The Terror Timeline, pp.462–63.

33. Phillips, Censored 2008, Chapter 1, Story #16, p.93.

34. Thompson, The Terror Timeline, p. 465.

35. Thompson, The Terror Timeline, pp. 462–468. Bush was quoted in
Thompson from the Washington Post, January 27, 2002. For a detailed
look of network news activity on the day of 9/11, see : http://cnparm.home.texas.net/911/91

36. The Fox interview was archived and shown in the film 911 Mysteries
available at : http://video.google.com/videosearch… and at http://freedocumentaries.org/film.p

Note that one does not have to agree with the premise of the film to
observe and analyze the role of the corporate media on 9/11.

37. World Trade Center Talk Force Interview. Firefighter Thomas
Turilli. January 17, 2002. Available online at : http://graphics8.nytimes.com/packag

For more extensive coverage on first responders see MacQueen, Graeme.
“118 Witnesses : The Firefighters’ Testimony to Explosions in the Twin
Towers.” The Journal of 9/11 Studies. II August, 2006. pp.37–56.
Available online at : http://www.journalof911studies.com/

38. Faludi, Susan. Terror Dream : Fear and Fantasy in Post-9/11
America. New York : Metropolitan Books, 2007. p.67. Chapter 3 in this
work, “The Cowboys of Yesterday” is of particular interest here as well.

39. See a collection of Dan Rather’s statements archived at the
Cooperative Research History Commons available at http://www.cooperativeresearch.org/

See the Rather clip in context at : http://www.youtube.com/watch?
v=Nvx9… and the Peter Jennings clip in context at : http://www.archive.org/details/abc2

Further, see the online slide presentation of architect Richard Gage
of www.AE911Truth.org which shows the clips as part of a larger
presentation, and includes more first responder testimony left out of
corporate media coverage, at : http://www.ae911truth.net/ppt_web/s

40. For footage of CNN see http://www.youtube.com/watch?v=N1Le… and
for the BBC see : http://www.youtube.com/watch?v=C7Sw… See further
documentation at researcher James Hoffman’s site at http://www.wtc7.net/foreknowledge.html

41. When questioned about the premature coverage, Richard Porter, Head
of News at BBC World, offered an equally bizarre explanation : the
reporter, he claimed, “doesn’t remember minute-by-minute what she said
(…) and what was being told to her by colleagues in London (…) ” See : www.bbc.co.uk/blogs/theeditors/2007

Even if it were true, all this seems irrelevant. Porter’s statement
skirts the obvious questions : If honest mistakes were made, the BBC
could simply issue a correction. Instead, the network not only
withheld a transcript of its faulty report, but its video footage was
pulled from Google Video and YouTube. Even more remarkably, BBC would
claim that all of its archives on 9/11 had disappeared because of a
“cock-up” ! See : http://www.bbc.co.uk/blogs/theedito

42. Barber, Peter. “The Truth is Out There.” The Financial Times. June
7, 2008. Available at : http://www.ft.com/cms/s/0/8d66e778-

The original print version displayed remarkably objective accounts
about the WTC-7 controversy, atypical in the corporate media. It
should also be noted that the 911 Commission Report did not mention
WTC-7 once in its 571 pages.

43. Erdley, Debra. “Crash Debris Found 8 Miles Away.” The Pittsburgh
Tribune-Review, September 14, 2001. Available at : http://www.pittsburghlive.com/x/pit

and researcher James Hoffman’s : http://911research.wtc7.net/planes/

44. O’Brien, Tim. “Wife of Solicitor General Alerted Him of Hijacking
from Plane,” CNN, September 11, 2001.

45. For more on sensationalism in the corporate news see “Junk Food
News and News Abuse,” Phillips, Censored 2008. Chapter 3.

46. The 9/11 Commission Report. New York : Norton, 2004, pp.12–13.

47. For more detail and background, see Faludi, Terror Dream, pp.46–64.

48. Morgan, Rowland. Flight 93 Revealed : What Really Happened on the
9/11 Let’s Roll Flight. New York : Carol and Graf, 2006. p.19.

49. Lakoff, George. Don’t Think of an Elephant ! Know Your Values and
Frame the Debate. White River Junction, VT : Chelsea Green, 2004. p.
53. Also, consider the thoughts of Baudrillard, Jean. The Spirit of
Terrorism. New York : Verso, 2002. Within the work, see “Requiem for
the Twin Towers” for more philosophical and metaphorical ideas about
the 9/11 attacks.

50. Coll, Steve. The Bin Ladens : An Arabian Family in an American
Century. New York : Penguin, 2008, pp. 508–509.

51. Frank, Mitch. Understanding September 11th : Answering Questions
about the Attacks on America. New York : Turtleback Books and Demco
Media, 2002. p.16. This book was aimed at adolescent audiences,
possibly illustrating the interest of the corporate press and
publishing industry in introducing the official story of 9/11 to youth
in an institutionalized educational setting.

52. Klein, Naomi. “The Rise of Disaster Capitalism.” The Nation, May
2, 2005. Also by the Klein, see The Shock Doctrine : The Rise of
Disaster Capitalism. New York : Metropolitan Books, 2007. Online at http://www.naomiklein.org/shock-doctrine

53. The 9/11 Commission Report, p.45.

54. Griffin, The New Pearl Harbor, pp.51–53.

55. Morgan Flight 93 Revealed, pp.31–36, 43–45.

56. News Hour with Jim Lehrer. PBS. September 14, 2001. Online at : http://www.pbs.org/newshour/search_

For more independent press coverage of this controversial event and
fact based alternative interpretations outside the official narrative,
see researcher James Hoffman’s : http://911research.wtc7.net/planes/

and Christopher Bollyn’s : http://www.americanfreepress.net/ht

57. Morgan, Flight 93 Revealed, pp.134–146.

58. News Hour with Jim Lehrer. PBS. September 13, 2006. Also, see Yen,
Hope. “Book : 911 Commission Executive Director Had Closer White House
Ties Than Publicly Disclosed.” Associated Press. Archived at : http://www.commondreams.org/archive

See further material and links to articles about this at researcher
James Hoffman’s http://911research.wtc7.net/post911….

59. News Hour with Jim Lehrer. PBS. September 13, 2006. Online at : http://www.pbs.org/newshour/

60. See the Zogby poll results at http://www.zogby.com/news/ReadNews….

61. Scott quoted in Hamburg, Dan and Seiler, Lewis. “State of
Emergency : The US in the Final Six Months of the George W. Bush
Administration” online at : http://www.commondreams.org/archive

For more details on the Truth Emergency Movement, see http://truthemergency.us
.

Also, see Chapter 11 in this volume, Phillips, Censored 2009.

62. At the White House website : http://www.whitehouse.gov/news/rele

63. See Jenna Orkin’s work at the World Trade Center Environmental
Organization, http://wtceo.org ; also see Juan Gonzalez, Fallout : The
Environmental Consequences of the World Trade Center Collapse, 2002,
W.W. Norton, NY ; and Michael Bowker’s Fatal Deception : The
Terrifying True Story of How Asbestos is Killing America, chapter 16
“Cover-Up at Ground Zero ?”

64. Censored 2009, Chapter 1, Story #1.

65. See Georgetown law professor David Cole’s August 2007 piece
“Bush’s War on Terror Tactics Make America Less Safe, Less Free”
online : http://www.truthout.org/article/bus

66. See Muhammad Cohen’s piece “Seven years on, three big 9/11 lies. »
Asia Times 9/11/08 online at : http://www.atimes.com/atimes/Middle

67. The 9/11 Commission Report, p. xiv.

68. PBS, Charlie Rose, 12/3/08.

69. See Joseph Biden’s quote online at : http://blogs.abcnews.com/politicalr

70. Muhammad Cohen, “Seven years on, three big 9/11 lies » Asia Times
9/11/08, online at : http://www.atimes.com/atimes/Middle

71. This seems to be more the case in other countries, like Japan, see
Phillips, Censored 2009, Chapter 1, Story #24 in this volume for
details. Also, major problems with the 9/11 Commission have been the
demonstrated in the notable scholarship of Griffin, David Ray. The
9/11 Commission Report : Omissions and Distortions. Northampton :
Olive Branch Press, 2005. For an analysis of global power structure,
this following study looks at “who wins, who decides, and who
facilitates action inside the most powerful military-industrial
complex in the world.” See Phillips, Peter, “The Global Dominance
Group : 9/11 Pre-Warnings & Election Irregularities in Context” online
at : http://s31076.gridserver.com/assets

72. See Dave Mathison’s Be the Media at http://www.bethemedia.org/

NB : Tous les liens donnés ci-dessus ont été consultés entre le 10 et
le 15 juin 2008 pour le livre Project Censored 2009. Cet article,
publié en février 2009, en est une version plus longue et détaillée,
en ligne sur le site : http://www.projectcensored.org

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